78% de femmes impliquées dans les groupes de caution solidaire ont acquis une autonomie financière

La femme rurale constitue un groupe cible privilégié du projet le Projet de Gestion durable des ressources en eau et en sols dans les régions fréquemment sinistrées par des catastrophes en vue d’accéder à la sécurité alimentaire (ACCES+).

Dans son objectif global où « la population rurale applique une gestion durable en eau et sol pour l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la prévention des catastrophes et de la résilience climatique » en général et dans son indicateur de module que « 1400 femmes de groupements appuyés par le projet et responsables de la sécurité alimentaire de leur ménage estiment posséder au sein de leur ménage de meilleures prérogatives décisionnelles quant à l’accès aux revenus issus de l’agriculture ou de l’épargne et à leur utilisation » en particulier.

Parmi les défis persistants au bien être de la femme se trouve l’accès et le contrôle des revenus. Présente dans les champs au quotidien à 80%, elle ne profite que très peu des profits et récoltes. Le projet a permis aux femmes bénéficiaires d’initier des activités génératrices des revenus comme la vente des produits agricoles, l’achat et vente du petit bétail,  le petit commerce divers, le maraichage, la location des terrains et autres. 78% de femmes impliquées dans les groupes de caution solidaire ont acquis une autonomie financière. A Nyabiraba, par exemple 152 femmes sur 239 membres se sont partagés 13 592 100 fbu à la fin de la première année d’épargne, soit 64%. 

Madame NTIRAMPEBA Félicité est veuve, âgée de 43 ans, de la colline Musenyi, en commune Nyabiraba et mère de 8 enfants dont 4 garçons et 4 filles. Son cas  a impressionné plus d’un étant donné qu’au début du projet ACCES, elle était une veuve faible et découragée avec des difficultés de survie.

Avec le Projet ACCES+,  elle a suivi avec intérêt et courage les modules de formation du projet comme système d’apprentissage action du genre (GALS : Gender Action Learning system, chaine de solidarité, éducation financière, leadership  et autres. Grâce à ce processus de de renforcement des capacités et aux appuis en intrants fournis par le projet ACCES+, Mme Félicité a fait une vision de développement de son ménage, qui a déclenché chez elle de l’énergie positive, la confiance en soi et de l’enthousiasme vers des objectifs d’autonomisation, lui faisant oublier qu’elle était veuve et seule à tenir le ménage. De la culture d’amarantes, choux et  aubergine elle a consommé une partie et en a vendu une autre qui lui a permis une extension de son champ maraicher, lui permettant de gagner du simple au double (une somme de 200.000 fbu en son compte).

C’est ainsi qu’elle a commencé à mobiliser une petite épargne au sein de son groupe de caution solidaire –  dénommée DUSABIKANYE, qui lui a permis de contracter un crédit de cent huit mille fbu (108.000fbu), elle a démarré une activité génératrice des revenus de commerce des pagnes qu’elle exerce aisément à la maison, dans l’après -midi, elle vend auprès des membres de son groupe de caution solidaire (GCS) quand elle va en réunion et actuellement au marché de Nyabiraba. Elle a commencé ainsi avec neuf (9) pagnes de 108.000 francs burundais et aujourd’hui son fonds de commerce est de 33 pagnes avec une valeur de 756.000fbu. Le crédit reçu du GCS, complété par les produits de vente de légumes peuvent paraitre petit, mais la capacité d’organisation et la confiance en soi font toute la différence.

Mme Félicité témoigne que l’activité d’épargne et de crédit l’a ouvert les yeux et lui a permis d’éduquer ces enfants qui étudient dans les différentes écoles de la commune Nyabiraba (province Bujumbura) et même celle qui étudie en Mairie de Bujumbura.

Alain Gashaka

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